Se réveiller au chant des oiseaux, prendre le petit déjeuner sur sa terrasse de 120 mètres carrés, sentir l'odeur d'un gazon fraîchement arrosé et laisser s'ébattre les enfants dans les allées du petit jardin, se savoir entre soi, à l'abri des regards et des importuns, assez loin de la maison voisine pour éviter le dérangement des disputes de couple... Et tout ce calme, ce luxe et cette volupté, ce lopin de campagne où il fait si bon vivre, c'est à Paris, la mégalopole embouteillée aux 2 millions de visages blafards qui respirent les pots d'échappement, slaloment entre les Vélib' de M. le maire et glissent sur les crottes de chien !
Voilà ce qu'offre aux riches et aux très riches la Villa Montmorency, paisible cité privée, logée au sommet d'une butte dans le 16e arrondissement de Paris. De hautes grilles à l'entrée, un gardiennage sans faille et un réseau de caméras de surveillance protègent un hameau privatif d'une centaine de résidences, paradis des glycines, des hommes d'affaires de haut rang et des célébrités du show-biz.
« Avec les impôts que nous payons en France, nous, les riches, sommes devenus tellement peu nombreux qu'on est obligé de créer des réserves », s'amuse l'un des résidents, doté d'un sens de l'autodérision rare à ce niveau de revenus. (...)
Chacun chez soi.
Mais cet « affairisme de voisinage » est l'exception qui confirme la règle. Pas de vie sociale et encore moins de « fête des voisins ». Chacun chez soi et le lotissement sera bien gardé, semble la devise la mieux partagée. La discrétion est d'ailleurs vivement recommandée. A l'entrée, trois couples de concierges se relaient en journée tandis que deux gardiens exercent la surveillance de nuit. Aucun badaud n'est admis à l'entrée. Il faut montrer patte blanche, être annoncé comme à la réception d'un grand hôtel. « Après 20 heures, il arrive même que le gardien appelle le résident afin de vérifier que le visiteur est bien attendu », témoigne un habitant qui préfère garder l'anonymat afin de ne pas encourir les foudres d'une copropriété arc-boutée sur la règle du silence absolu.
Il y a quelques mois, drame de la jalousie, le quartier fut réveillé par le tapage d'une résidente qui tambourinait à la porte de chez elle. Elle était en petite culotte et le mari cocu ne voulait pas la laisser entrer. Shocking ! Les policiers sont intervenus...[size=12px] ndrl : ( lol)!!!
On aurait pourtant tort de penser que ce « rupin-land », selon l'expression amusée d'un habitant, soit uniquement composé de poids lourds du compte en banque (...) :
Stars et intouchables.
Ensuite arrive le groupe des stars de l'industrie et de la finance qui possèdent de grandes et belles maisons avec de vastes jardins : outre le clan des médias déjà mentionnés, on trouve le lunetier Alain Afflelou, Jean-Paul Bucher, ex-PDG du groupe Flo, Jean-François Roverato, PDG d'Eiffage (BTP), Alain Guillon, ancien directeur du raffinage chez Elf, Michel Derbesse, ex-numéro deux du groupe Bouygues, Marc Serrell, fondateur de Terres de charme, le pape du voyage sur mesure, et les financiers Michel Cicurel (Financière Edmond de Rothschild), Grégoire Chertock (Rothschild & Cie), Jacques d'Auvigny (Mutualité française), Jacques Tenaille d'Estais (BNP Paribas)...
La troisième strate est constituée des stars de la chanson qui ont trouvé dans ce havre de paix, sous surveillance, le moyen d'écarter les fans envahissants et les téléobjectifs des paparazzis. Là, ce sont des maisons cossues dont les jardins sont souvent plus petits. Sylvie Vartan y a établi ses quartiers depuis 1977. Elle passe pour être la « coqueluche du quartier ». Si bien que, pour lui faire plaisir, pendant des années, la boulangerie Charbon d'argent de la rue Chardon-Lagache a fabriqué des pains... en forme de Johnny ! Mylène Farmer a rejoint la Villa Montmorency pour y entretenir son mystère, tandis que Rika Zaraï s'est spécialisée dans la protection des arbres et des plantes de la « cité interdite ». Elle veille en louve au strict respect du règlement de copropriété, lequel prévoit qu'un arbre coupé doit être remplacé par un autre de la même espèce. Il n'était pas rare, avant son accident cardio-vasculaire, que l'inoubliable interprète de « Sans chemise, sans pantalon » sonne chez l'habitant pour savoir quand il comptait remplacer un arbre coupé... Rika Zaraï fait également assaut de politesse avec les nouveaux venus. « Quand je me suis installé, elle est venue me souhaiter la bienvenue », témoigne un patron de la deuxième strate. Effort d'urbanité rare qui mérite d'être salué chez ces forcenés du quant-à-soi... ndrl : Et bientot Celine DION ?!?
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Mais la « cité interdite » compte aussi ses « intouchables » : les héritiers (souvent désargentés), les « petits » acheteurs et « petits locataires » (de 2 500 à 4 000 euros de loyer) dans les petits immeubles de la propriété.
La Villa Montmorency est donc loin d'être ce bloc monolithique que sa façade grillagée, surmontée de pointes, laisse entrevoir. Dans cette enclave, les riches côtoient de moins riches et, là encore, les différences de comportement existent. « Ce sont surtout les "héritiers" et les "petits proprios" qui rendent la Villa humaine et sympa », souligne un gros propriétaire un peu lassé du côté guindé et sécuritaire de la résidence.
Pas difficile de classer Jean-Pierre Magnier, le mari de Rika Zaraï (il est aussi son producteur) : « Je ne vois pas l'intérêt de vous parler de la Villa et des gens qui y vivent, déclare-t-il au Point . Il y a quelques années, j'ai sorti moi-même une équipe de télé qui voulait filmer quelques maisons. Et je le referai aujourd'hui, en téléphonant à la police si nécessaire. Si vous publiez une photo d'une allée ou d'une maison dans Le Point, je porterai plainte. » ndrl : interdit aux fans donc !!! lol (celine mérite du calme , respectons là ! on attendra dans la rue ! lol)
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Source :Séverine Cazes / Le point